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Le Griffon Patek, Philippe
& Cie, Genève, N° 860’163 Montre d’habit de type découverte à remontage
au pendant - Décor en émail cloisonné - 1937.
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PATEK
PHILIPPE MUSEUM
Premier étage
(I) :
LA COLLECTION PATEK PHILIPPE DE 1839 A NOS JOURS
La montre a près
de trois siècles et demi d'existence quand le comte polonais Antoine Norbert
de Patek crée en 1839 à Genève, avec son compatriote François Czapek,
la future manufacture de montres Patek Philippe. En quelques années et
dès une nouvelle association scellée, en 1845, avec le talentueux horloger
français Adrien Philippe, la Maison genevoise acquiert une réputation
d'excellence qui, perpétuée en 163 ans de production ininterrompue, perdurera
jusqu'à nos jours. Le PATEK PHILIPPE MUSEUM retrace avec plus de 1000
garde-temps d'exception l'histoire, fourmillante d'innovations techniques
et esthétiques, de la manufacture horlogère la plus créative de son temps.
Patek et Czapek, réfugiés polonais En 1831, suite à une insurrection sévèrement
réprimée par l'occupant russe, la Pologne perd toute indépendance. Des
milliers de patriotes s'exilent alors à l'étranger. Parmi eux, le comte
Antoine Norbert de Patek, jeune officier de cavalerie, trouve refuge à
Genève, où il s'établit en1832 dans le commerce des belles montres. Cet
esthète passionné s'associe sept ans plus tard avec son compatriote et
ami, l'horloger François Czapek, pour y fonder la manufacture horlogère
Patek, Czapek & Cie. Tout naturellement, la production haut de gamme des
deux réfugiés reflète largement la culture, la mythologie et l'histoire
polonaises.
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Le prince polonais Joseph
Antoine Poniatowski (1763-1813) combattit dans l’armée napoléonienne. Il
fut nommé maréchal de France à titre posthume, après la bataille de Leipzig
(1813), perdue par Napoleon Ier contre les Alliés, où, malencontreusement
il se noya dans l’Elster. |
Parmi les oeuvres
patriotiques de Patek, Czapek & Cie (1839-1845) et de Patek & Cie (1845-1851),
une montre savonnette à remontoir au pendant, rehaussée de portraits en
miniature sur émail du général Kosciusko, grande figure de la résistance
polonaise, et du prince Poniatowski, combattant de l'armée napoléonienne
(1848, Inv. P-898). La veine chrétienne des Polonais s'exprime dans de
nombreuses pièces à thème religieux, dont une montre-pendentif miniature
savonnette de 1850 qui, vendue à Marie II de Bragance, reine du Portugal,
porte une allégorie des Vertus théologales peinte en miniature sur émail
par Lamunière (Inv. P-29).
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Le général Kosciuzko - Le
prince Poniatowski Patek & Cie, Genève, N° 1’388. Montre de poche savonnette
à remontage au pendant. Email par Gaspard Lamuniere (1810-1865), Genève
- 1848. Le général polonais Tadeusz Kosciuzko (1746-1817), âme de la résistance
aux Russes (1792 et 1794) fut fait prisonnier puis libéré par le tzar Paul
Ier (1754-1801) avant de se retirer en Suisse, où il mourut. |
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Adrien Philippe,
inventeur de la montre sans clef
C'est à Paris, en 1844, qu'Antoine Norbert de Patek rencontre celui qui
allait devenir son prochain associé. L'horloger français Adrien Philippe
vient présenter à l'Exposition des produits de l'industrie française un
dispositif révolutionnaire: un système de remontage intégré permettant
de mettre à l'heure et de remonter sa montre sans l'aide d'aucune clef.
Ebloui par son esprit novateur, Patek lui propose d'intégrer la manufacture
dont il devient co-associé au départ de Czapek en 1845. Le mot d'ordre
des deux fondateurs de la maison Patek Philippe? Créer les plus belles
montres au monde. Cette ambition se reflète si manifestement dans leur
production qu'une des premières montres sans clef de la manufacture emporte
l'enthousiasme de la Reine Victoria lors de la Grande Exposition du Crystal
Palace en 1851.
Offerte à la reine Victoria, la montre pendentif de type découverte n°
4 536 lui valut l'admiration de celle qu'on appellera plus tard "la grand-mère
de l'Europe". On raconte que le magnifique bleu de son émail, de même
couleur que les yeux de Sa Majesté, l'a séduite autant que la technicité
de son remontage au pendant breveté (1850, Inv. P-24).
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"Invention Brévetée de Patek
Philippe & Co à Genève" Patek, Philippe & Cie, Genève, N° 4’536 Montre-pendentif
de type "découverte" à remontage au pendant avec sa broche assortie - 1850.
Cette montre fut offerte à la reine Victoria (1819-1901), au cours de la
"Great Exhibition" de Londres au Hyde-Park (Crystal Palace), le 18 août
1851. (PP mag. N° 09) |
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Patek Philippe,
horloger des grands hommes
La Reine Victoria ne fut pas, loin de là, la seule personnalité dont les
yeux se soient attardés plus que de raison sur une pièce Patek Philippe.
Emblématiques de l'excellence horlogère, les montres de la manufacture
genevoise firent tourner de nombreuses têtes couronnées et accompagnèrent
sur le chemin de la création quelques-uns des plus grands esprits des
19 e et 20 e siècles. Savants, explorateurs, musiciens, philosophes, écrivains
et poètes ne résistèrent pas plus que les esthètes fortunés, chefs d'Etat
et hommes d'affaires, à l'irrésistible attrait d'un objet d'art et de
science d'une si grande valeur esthétique et technique.
En exposant les "montres historiques" qui partagèrent un temps l'existence
de personnalités, le PATEK PHILIPPE MUSEUM dévoile une facette méconnue
de la vie de Léon Tolstoï et Rudyard Kipling, Richard Wagner et Piotr
Iljitch Tchaïkovski, Marie Curie et Albert Einstein, entre autres grandes
figures de l'épopée intellectuelle et politique mondiale des deux derniers
siècles. On y découvre notamment un chronomètre de poche de type découverte
avec mouvement protégé dans une calotte en fer doux (1926, Inv. P-120)
ayant accompagné l'explorateur américain Richard Evelyn Byrd dans ses
expéditions aéronavales en Antarctique.
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Patek Philippe & Cie, Genève,
N° 197’542 Montre de poche de type découverte à remontage au pendant avec
répétition à minutes sur trois timbres, quantième perpétuel avec phases
et âge de la lune, double chronographe avec double compteur de 30 minutes
à 12 heures et réveil - 1921-23. Délivrée le 29 octobre 1925 à Haag & Figlio.
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De l'Art nouveau…
A la fin du 19 e siècle éclot en Europe un "Art nouveau" qui, refusant
l'idée d'une hiérarchie des techniques, proclame la noblesse des arts
décoratifs appliqués et en favorise le développement. Meubles, objets
et oeuvres picturales recourent sous son impulsion aux techniques décoratives
les plus diverses, parant leurs motifs - géométries ou volutes inspirées
du règne végétal - des matériaux les plus précieux. A l'instar de la verrerie,
l'orfèvrerie et la joaillerie qui connaissent à cette époque un essor
considérable, l'horlogerie puise son inspiration dans l'observation de
la nature, dont elle exalte les formes gracieuses.
Typique de cette
époque, "Le scarabée-rhinocéros et les fleurs trompettes", montre de poche
savonnette à remontage au pendant avec répétition des minutes à poussoir.
Vendue le 16 mai 1900 par Patek, Philippe & Cie, cette pièce fut redécorée
en émail champlevé polychrome dans le plus pur style Art nouveau par le
joaillier français René Lalique.
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Patek Philippe & Cie, Genève, N° 867’857, Réf. 2512 Montre-bracelet d’aviateur
avec chronographe rattrapante à poussoirs rectangles, compteur de 30 minutes
à 3 heures et échelle tachymétrique - 1952. Délivrée le 14 juillet 1952
à Astrua & Cia, Turin (Italie).
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… à l'Art déco.
A la fin de la Première Guerre mondiale, le glas a sonné pour l'Art nouveau.
L'Art déco lui succède, inspiré des recherches géométriques des avant-gardes
cubistes, futuristes et constructivistes où s'exprime une fascination
pour la vitesse, l'énergie et la couleur pure. La recherche d'une simplicité
fonctionnelle s'accompagne d'un goût marqué pour les matériaux nouveaux.
Le chrome et la bakélite font ainsi leur entrée "en horlogerie" aux côtés
des pierres dures, de la corne et de l'ivoire.
La géométrie octogonale de la montre d'habit Patek, Philippe & Cie, avec
boîte en onyx noir rehaussé au centre d'un camée en sardoine (1923, Inv.
P-103) relève pleinement de l'esthétique Art déco.
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Patek Philippe & Cie, Genève,
N° 720’303, Réf. 2523-1 HU Montre-bracelet d’homme à deux couronnes à Heures
Universelles indiquant le nom de 41 villes, régions ou pays du monde avec
cadran en émail cloisonné polychrome représentant la carte de l’Europe -
1955. Vendue le 10 août 1955. |
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Patek, Philippe & Cie, Genève,
N° 153’394 Montre de poche de type découverte à remontage au pendant Chronometro
Gondolo avec cadran 24 heures doublé - 1925.
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Le "Chronometro
Gondolo"
Au Brésil, le début du 20 e siècle est marqué par l'avènement d'un étonnant
Club Patek Philippe. De 1902 à env.1930, ses membres, fervents amateurs
d'horlogerie fine, participent pendant 79 semaines à un tirage au sort
hebdomadaire qui, moyennant une mise individuelle de chaque fois 10 dollars,
permet successivement à chacun de gagner un "Chronometro Gondolo". On
l'a compris, cette très originale méthode de vente par loterie aboutit
à l'achat par chaque membre de cette montre Patek Philippe exclusive dont
le prix de vente est alors de… 790 dollars. Cet ingénieux système fondé
sur le suspens a été imaginé par la Maison Gondolo & Labouriau, distributeurs
établis à Rio de Janeiro où la manufacture horlogère genevoise jouit (comme
dans toute l'Amérique latine) d'une telle renommée que, pour désigner
une montre, les autochtones parlent d'une "Patek".
En 30 ans, le Chronometro
Gondolo a adopté de nombreux visages. Réalisée en 1925, la montre de poche
de type découverte à remontage au pendant Chronometro Gondolo présente
un étonnant cadran 24 heures doublé, comportant deux séries de chiffres
(Inv. P-1187).
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Patek Philippe & Cie, Genève,
N° 930’365, Réf. 605 HU Montre d’habit de type découverte à remontage au
pendant à Heures Universelles indiquant le nom de 42 villes, régions ou
pays du monde avec cadran en émail cloisonné polychrome représentant Neptune
chevauchant un hippocampe - 1945. Délivrée le 14 novembre 1945 à Th. Beyer,
Zurich (Suisse). |
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