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Patek Philippe & Cie, Genève, N° 198’052 Montre de poche de type découverte à remontage au pendant avec répétition à minutes sur trois timbres, Grande et Petite Sonnerie, quantième perpétuel rétrograde avec phases et âge de la lune, indications des réserves de marche - 1926-27. Délivrée le 5 mars 1928 à Tiffany & Co, New York, pour être vendue à Henry Graves Jr. (1868-1953), New York (U.S.A.).

 

PATEK PHILIPPE MUSEUM

Premier étage (II) :
La montre-bracelet de 1860 à 1960 Longtemps considérée comme un ornement exclusivement féminin, la montre-bracelet a dû attendre les années 1930 pour évincer la montre de poche dans le coeur des hommes. Chose surprenante lorsqu'on sait que les armées du premier conflit mondial en avaient équipé tous leurs officiers…

Le développement du sport révèle bientôt le caractère pratique de ce type de garde-temps et ce qui n'était d'abord qu'une fragile montre de gousset grossièrement montée sur bracelet se perfectionne peu à peu pour offrir une meilleure résistance et accorder son esthétique aux changements de modes et de styles de vie. Son succès va croissant et, une fois la montre de poche reléguée au rang des objets démodés, la montre-bracelet entre dans son âge d'or aux alentours de 1940, où elle accroît notablement sa technicité jusqu'à devenir, dans les années 1960, un symbole accompli de la société moderne.

Le PATEK PHILIPPE MUSEUM retrace en quelque 500 pièces remarquables le premier siècle d'histoire de la montre-bracelet, de la première montre suisse de ce type (bracelet-montre de dame fabriqué en 1868 et vendu à la Comtesse Koscowicz en 1876, (Inv. P-49) au splendide chro-nographe à rattrapante pour homme n° 868.331 avec quantième perpétuel et phases de la lune (1955, Inv. P-606). On pourra notamment admirer l'une des premières Calatrava, Réf. 96 (1936, Inv. P-565). Un tour d'horizon exceptionnel qui édifiera les meilleurs connaisseurs.


Patek Philippe & Cie, Genève, N° 868’331, Réf. 2571 Montre-bracelet d’homme, chronographe rattrapante à poussoirs rectangles, compteur de 30 minutes à 3 heures et échelle tachymétrique avec quantième perpétuel et phases de la lune - 1955. Délivrée le 21 juin 1955 à Gübelin & Co, Lucerne (Suisse).

Calatrava, symbole de l'excellence

Née en 1932, la montre-bracelet Calatrava s'est immédiatement imposée comme le grand classique de l'élégance horlogère. Synonyme d'excellence, son nom est emprunté à la croix ornementale qui, adoptée pour emblème par Patek Philippe vers la fin du 19 e siècle, rehausse aujourd'hui la couronne de la plupart de ses montres. La croix de Calatrava a une longue histoire. Bien avant d'être gravée dans l'or d'un remontoir, elle flottait sur les bannières d'un ordre cistercien de moines chevaliers engagé, dès 1158, dans la lutte pour bouter l'envahisseur maure hors du royaume d'Espagne. L'ordre mit tant d'ardeur à défendre la forteresse de Calatrava que les rois catholiques Ferdinand d'Aragon et Isabelle de Castille l'appelèrent à participer à la reconquête de Grenade.


Patek Philippe & Cie, Genève, N° 198’340, Réf. 570, Calatrava Montre-bracelet d’homme avec répétition à minutes, quantième perpétuel et phases de la lune - 1939. Délivrée le 21 juin 1939 à Guillermin & Cie, Paris (France).

L'heure universelle
Toute avancée technologique en suscite d'autres. Au 19e siècle, le développement des moyens de transport précipite les voyageurs dans un abîme de perplexité. Comment organiser ses déplacements quand chaque lieu du globe vit à l'heure de son propre zénith? Ingénieur ferroviaire, Stanford Fleming trouve une réponse dans la création d'un temps universel et la division du globe en 24 fuseaux horaires - adoptée en 1884 par les instances internationales. Cette nouvelle partition défie les horlogers, qui se mettent en quête d'un moyen mécanique permettant à leurs montres d'indiquer l'heure d'au moins deux villes du monde. On essaie sans grand succès d'incorporer à la montre deux mouvements synchronisés, jusqu'à ce que l'horloger genevois indépendant Louis Cottier invente, en 1935, un ingénieux dispositif d'affichage du temps universel. Patek Philippe fait alors appel à la collaboration de l'inventeur pour la production d'une longue série de montres-bracelets qui, indiquant l'heure de tous les fuseaux horaires, sont aujourd'hui parmi les plus convoitées des collectionneurs.

Patek Philippe & Cie, Genève, N° 97’975 Montre-bracelet d’homme avec quantième perpétuel, phases et âge de la lune - 1925. Vendue le 13 octobre 1927 à Thomas Emery. Cette montre est la première montre-bracelet avec quantième perpétuel.
 

Quelques dizaines de pièces retracent, au PATEK PHILIPPE MUSEUM, les quinze premières années du modèle de montre le plus pérenne de l'histoire - de la Réf. 96 en acier de 1934 (Inv. P-952) à la Réf. en platine Cal. 12''' -120 de 1941 (Inv. P-885) en passant par la Calatrava, Réf. 570, de 1939, avec répétition à minutes, quantième perpétuel et phases de la lune (Inv. P-1065).


Une vingtaine de pièces retrace l'évolution du visage de la montre à heures universelles Patek Philippe de 1937 à 1966: boîtiers ronds ou rectangulaires, villes gravées sur la lunette ou intégrées au cadran, adjonction d'autres complications horlogères… L'indication du temps universel appelle souvent la création d'un décor particulier, cartes du monde ou figures mythologiques symbolisant le voyage. Certaines pièces présentent ainsi de magnifiques cadrans en émail cloisonné polychrome, comme de nombreuses montres de poche ou la Réf. 2523/1-HU de 1955 (Inv. P-1106) qui figure parmi les pièces les plus recherchées des collectionneurs actuels.


Patek Philippe & Cie, Genève, N° 867’857, Réf. 2512 Montre-bracelet d’aviateur avec chronographe rattrapante à poussoirs rectangles, compteur de 30 minutes à 3 heures et échelle tachymétrique - 1952. Délivrée le 14 juillet 1952 à Astrua & Cia, Turin (Italie).



Patek Philippe, virtuose de la complication
Créateur du fabuleux Calibre 89, Patek Philippe est aujourd'hui le grand virtuose de la montre compliquée, suprême test d'aptitude de l'art horloger. Sa recette? Une quête perpétuelle de la complexité dont témoignent les pièces exposées dans le Musée. Prompte à relever les plus intimidants défis (v. "Henry Graves Jr contre James Ward Packard"), la manufacture genevoise a acquis au fil du temps une maîtrise sans équivalent qui, authentifiée par une liste de près de 70 brevets d'invention, lui permet d'associer les fonctions horlogères les plus diverses selon des combinaisons audacieuses. Ce savoir exceptionnel est à l'origine de l'une des grandes prouesses du 20 e siècle: la restauration, dans les années 1970 et en l'absence de tout plan de référence, de la Grande Complication vendue en 1910 au Duc de Régla, endommagée par la "réparation" d'un inconnu plus forgeron qu'horloger.


Patek Philippe & Cie, Genève, N° 138’285 Montre de poche savonnette à remontage au pendant avec répétition à minutes, Grande et Petite Sonnerie et carillon Westminster sur cinq timbres - 1909.

 

Sonnerie et carillon Westminster sur cinq timbres, le garde-temps du 3 e duc de Régla (1909, Inv. P-534) est sans doute, avec le Calibre 89, la Packard et les Graves, la pièce la plus impressionnante exposée sous cette catégorie. Elle avoisine pourtant d'autres chefs-d'oeuvre dont la ravissante Répétition à minutes de la poétesse Anna de Noailles (1894, Inv. P-128) et une remarquable montre de poche avec répétition à minutes sur trois timbres, quantième perpétuel avec phases et âge de la lune, double chronographe et réveil, fabriquée entre 1921 et 1923 (Inv. P-822).



Délivrée le 24 mars 1910 à P. G. de Cervantes pour être vendue à Don Carlos Rincón-Gallardo y Romero de Terreros, 3e duc de Régla (1874-1950), Mexico.


Henry Graves Jr contre James Ward Packard

Dans l'Amérique industrielle du début du 20 e siècle, apparaît le "magnat". Aciériste, constructeur automobile ou géant du pétrole riches à millions, cette nouvelle catégorie de businessmen investit ses dollars dans un mode de vie luxueux où l'objet d'art tient une place privilégiée. Pour cet esthète, volontiers collectionneur, la belle montre possède tous les attraits du signe extérieur de raffinement. Elle devient, dans la première partie du siècle, l'enjeu d'un des duels les plus captivants de l'histoire horlogère… L'énigmatique financier new-yorkais Henri Graves Junior et le célèbre ingénieur automobile James Ward Packard commandent chacun à Patek Philippe la montre la plus compliquée possible. L'horloger genevois relève le défi et crée à quelques années d'intervalle les deux montres les plus compliquées au monde. Avec ses 24 complications, la "Graves", terminée en 1933 après six ans de recherche, supplante la Packard" qui, fabriquée en 1916, comprenait pourtant déjà 16 fonctions horlogères différentes!


Entre autres merveilles horlogères, dont une élégante répétition à minutes de forme tonneau "tortue" créée pour Henry Graves Jr (1929, Inv. P-650), le PATEK PHILIPPE MUSEUM présente la plus fascinante des 13 montres compliquées fabriquées à la demande de James Ward Packard de 1900 à 1927. Cette exceptionnelle montre de poche à remontage au pendant ne réunit pas moins de 10 complications horlogères, répétition à minutes sur trois timbres, quantième perpétuel avec phases et âge de la lune, indications du lever et du coucher du soleil, équation du temps et… une magnifique carte céleste en émail bleu figurant les mouvements de plus de 500 étoiles, tels qu'ils peuvent être observés depuis le lieu de résidence de son commanditaire américain, près de Warren dans l'Ohio (1927, Inv. P-704).

Le Calibre 89
Garde-temps le plus compliqué au monde, le Calibre 89 (1989, Inv. P-1989) créé pour le 150 e anni-versaire de la Manufacture surpasse, avec 33 fonctions et 1728 pièces distinctes, les plus fabuleux joyaux de complexité qui ont jalonné l'histoire de l'horlogerie, la Leroy 01 (Leroy, 1904), la Packard (Patek Philippe, 1927) et la Graves (Patek Philippe, 1933). Neuf ans de recherches ont été nécessaires pour porter les trois principaux types de complications (le quantième, le chronographe et la sonnerie) à un degré d'achèvement inédit et leur adjoindre les complications astronomiques les plus extra-ordinaires dont la date de Pâques, le temps sidéral, l'équation du temps et une somptueuse carte céleste constellée de 2800 étoiles. Le plus grand chef-d'oeuvre horloger de tous les temps dont le PATEK PHILIPPE MUSEUM présente magnifiquement tous les secrets.

 



Patek Philippe & Cie, Genève, N° 198’023 Montre de poche de type découverte à remontage au pendant avec répétition à minutes sur trois timbres, quantième perpétuel avec phases et âge de la lune, indications du lever et coucher du soleil, équation du temps, carte céleste telle quelle peut être observée à Warren. Ohio, U.S.A. - 1925-27. Vendue le 6 avril 1927 à James Ward Packard (1863-1929), Warren - Ohio (U.S.A.).

Montres commémoratives

Tout anniversaire n'est-il pas l'occasion de revenir sur son passé? La manufacture Patek Philippe trouve dans leur célébration l'opportunité de prouver l'étendue exceptionnelle de son savoir-faire à travers la création de pièces spéciales réalisées, dans le respect de la haute tradition, avec le désir de se surpasser. Produits en séries limitées, ces précieux garde-temps témoignent des dernières avancées technologiques d'un art horloger porté au comble du raffinement. Prouesses esthétiques et exploits techniques, de nombreuses pièces commémoratives jalonnent ainsi l'histoire de Patek Philippe. Précédée par celle des belles Impériales, des modèles Officier et de l'Heure Sautante, la création du Calibre 89, garde-temps le plus compliqué au monde, offre un retentissement mondial au cent cinquantenaire de la manufacture (1989). L'inauguration des nouveaux bâtiments de la manufacture en 1997 donne le jour aux montres Pagoda inspirées des années 1950 et à une magnifique collection de 30 montres-bracelets chronomètres à répétition. Enfin un superbe chronomètre 10 Jours marque l'année du millénium, précédant l'entrée en scène du Star Caliber 2000, nouveau chef-d'oeuvre de la complication horlogère, qui ne manquera pas d'enrichir un jour la collection du Museum.


Baies sauvages Patek Philippe & Cie, Genève, N° (810’799) / 893’357 Montre d’habit de type découverte à remontage au pendant - Décor ciselé et émaillé, serti de corail rouge - 1927.


L'émail dans la deuxième moitié au 20 e siècle

Gardien passionné de l'art horloger genevois, la manufacture Patek Philippe perpétue l'ensemble des métiers d'art traditionnellement voués à l'ornementation de la montre et sauve ainsi des spécialités aujourd'hui rarissimes qui seraient, sans elle, menacées de disparition. L'horloger genevois emploie les quelques derniers graveurs (une dizaine) et miniaturistes sur émail (une poignée) à exercer encore à Genève ces disciplines exigeantes. Les arts du feux - émail cloisonné, champlevé et peinture en miniature sur émail - occupent une place essentielle dans sa production. Depuis toujours et jusqu'aujourd'hui…

Les cadrans en émail cloisonné
L'actuelle collection Patek Philippe de pendulettes dômes en émail cloisonné offre une illustration contemporaine d'une technique trois fois millénaire magnifiquement exploitée, dans les années 1950, pour la personnalisation de cadrans de montres-bracelets.

Cartes, paysages, personnages et scènes sportives… Les cadrans de montres des années 1950 aiment à afficher les éclatantes couleurs des émaux emprisonnés dans les fines "cloisons" formées par un fil d'or. Citons les Palmiers pour sa luxuriante polychromie (1959, P-824) et Eurasie pour la subtilité de ses nuances (1959, Inv. P-675).



La Madonna della Sedia d’après Raphaël (1483-1520) Les Armoiries d’alliance de la Pologne et de la Lituanie Patek, Philippe & Cie, Genève, N° 4’840


La peinture en miniature sur émail

Les artistes dignes de perpétuer l'art suprêmement exigeant de la peinture en miniature sur émail se comptent aujourd'hui sur les doigts d'une seule main. Suzanne Rohr, l'une des dernières à perpétuer en maître cette grande tradition genevoise, réserve son talent à la seule manufacture Patek Philippe, qui lui confie depuis les années 1960 la décoration d'une à trois montres de poche par an. Entreses mains, la secrète alchimie des émaux de couleur offre une seconde vie - d'une profondeur et d'une finesse inédites - à quelques-uns des plus grands chefs-d'oeuvre du patrimoine pictural mondial.

Du Port de Dordrecht d'après Albert Cuyp (1967, Inv. P-132) à Bord d'un fleuve d'après Jean-Baptiste Corot (1976, Inv. P-258) en passant par Voiliers dans un port par un ciel d'orage d'après Eugène-Louis Boudin (1973, Inv. P-198), un voyage enchanteur au pays du talent.


Montre-pendentif savonnette à remontage au pendant. Email par Gaspard Lamunière (1810-1865), Genève - 1850. Cette montre a appartenu à la comtesse polonaise Fyskiewicz.
 
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