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PATEK PHILIPPE MUSEUM Deuxième étage (I) LA COLLECTION ANCIENNE DU 16 e AU 19 e SIECLE Le deuxième étage du PATEK PHILIPPE MUSEUM permet au visiteur de découvrir les trois premiers siècles de l'art de la montre à travers cinq cent pièces parmi les plus significatives du patrimoine européen et genevois, auxquelles s'ajoute une magnifique collection de portraits en miniature sur émail réalisés par de grands maîtres de Genève. Premières montres
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Le PATEK PHILIPPE MUSEUM présente quelques-uns des plus beaux spécimens de garde-temps fabriqués sur la période de 1500 à 1675, dont une très ancienne montre-tambour allemande qui, datée d'env. 1530-1540, enferme un mouvement entièrement en fer dans un joli boîtier cylindrique en métal doré finement gravé (Inv. S-457). Comme la montre en forme de Croix de l'Ordre du Saint-Esprit signée Abraham Cusin (vers 1630-1635) (Inv. S-473), les pièces créées en France près d'un siècle plus tard témoignent toutes d'une volonté de souligner, par la richesse des formes et des décors, le prix accordé à la possession d'un tel instrument. |
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Naissance de l'horlogerie genevoise Cité calviniste, Genève accueille dès la fin du 16 e siècle nombre de ces huguenots français qui fuient la politique du roi Charles IX, ordonnateur en 1572 du massacre de la Saint-Barthélémy. A travers le compagnonnage, la religion protestante a fait de nombreux et fervents adeptes parmi les artisans. Les remous de la Réforme offrent ainsi à la cité lémanique un extraordinaire réservoir de talents qui, y important leur savoir-faire, lui assureront un rayonnement considérable dans les domaines complémentaires de l'horlogerie et de la peinture en miniature sur émail. |
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Une montre bassine richement ornée d'Etienne Ester avec indications astronomiques offre un bel exemple du haut degré de maîtrise atteint par les horlogers genevois dans les années 1660-1670 (Inv . S-280) tandis que, remarquables par leurs formes, deux créations de la décennie précédente rappellent que la montre, objet d'ornement exhibé autour du coup ou à la ceinture, pouvait être investie d'une fonction symbolique (religieuse ou profane) et témoigner ainsi des préoccupations de son porteur: le Memento Mori (~1650-60) de Marc Lagisse, dont la forme de crâne humain est destinée à rappeler le caractère éphémère de la vie (Inv. S-477), et le chimérique Dauphin de Jean-Baptiste Duboule (~1660), qui emprunte sa forme à l'un des motifs les plus appréciés par la noblesse de l'époque (Inv. S-326). |
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La peinture sur émail – de Paris… Ce serait l'orfèvre français Jean Toutin qui, à Blois puis à Paris, aurait initié, vers 1630, l'art très précieux de la peinture miniature sur émail. Ce procédé novateur dont la technique d'une extrême délicatesse repose sur celle, millénaire, de l'émaillage, s'applique dans un premier temps à la décoration de tabatières et autres objets utilitaires parmi lesquels la montre occupe une place de choix. Comme en peinture, sujets religieux et mythologiques se partagent la scène artistique du Grand Siècle. Les oeuvres en miniature sur émail, d'une richesse polychrome et d'un éclat envoûtants, rivalisent de finesse. La famille Toutin et ses émules enthousiasment souverains et gentilshommes de l'Europe entière. |
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L'Antiquité et sa mythologie inspirent également des oeuvres d'une exceptionnelle qualité. Un Vertume et Pomone peint sur émail sur le revers d'un miroir pendentif des années 1640 (Inv. E-86) illustre la maestria d'Henri Toutin, qui emprunte ici à Ovide, tandis qu'un Théagène et Chariclée d'après Charles Poerson (Inv. S-200) rehausse des éclatantes couleurs d'un émail attribué au miniaturiste de Blois Robert Vauquer une merveilleuse montre bassine avec couvercle du Parisien Denis Champion (~1655) |
![]() Vertumne et Pomone Miroir pendentif. Email par Henri Toutin, Paris - vers 1640. |
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Le portrait en miniature – le plus impitoyable test d'aptitude auquel puisse être soumis un peintre sur émail – devient un mode d'expression privilégié pour les artistes grâce au talent desquels Genève forgera sa réputation de capitale artisanale de l'Europe. De 1640 à 1750, l'histoire des arts décoratifs s'enrichit des noms prestigieux de Petitot, Bordier et Liotard, en circulation dans toutes les cours du vieux continent, d'Angleterre à la lointaine Russie. Ils donnent naissance à une solide tradition que perpétueront jusqu'au milieu du 19 e siècle les représentants de l'école genevoise. |
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![]() Georges Villiers, duc de Buckingham Portrait en miniature. Email par Jean I Petitot, Londres - Daté 1640. |
Autour de ces deux grands, s’illustrent d'autres miniaturistes (Louis du Guernier, les Frères Huaud ou encore Gregori S. Mussikinski) et d'autres portraits de personnages historiques célèbres tels la marquise de Sévigné, Sophie-Charlotte de Hanovre ou Pierre le Grand, tsar de Russie. |
![]() Charles-Edouart Stuart, "The Young Pretender", prince d’Ecosse. Portrait en miniature dans son cadre d’origine. Email par Jean-Etienne Liotard, Rome vers 1736. |
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Parallèlement à leur travail, est inventé en 1760 à Genève le « fondant» qui, appliqué sur la peinture à la manière d’un verni, donne à l’ouvrage une profondeur et un éclat incomparables. Cette technique révolutionnaire ne bénéficie d’abord qu’aux boîtes de montres et tabatières réalisées à la «Fabrique». |
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Entre autres portraits exquis: L'homme en habit marron de Jean-François Favre (Genève, daté 1778, Inv. E-117), Françoise Mégret d'Etigny de Jacques Thouron d'après Danloux (Genève, 1783- 85, Inv. E-133) et le Jeune homme devant le Lac Léman de Jean-François Soiron (Paris, daté 1802, Inv. E 127). Quelques tabatières peintes de scènes en miniature selon la technique de l’émail sous fondant laissent au visiteur un souvenir ébloui: La Science et l’Amour tentant d’arrêter la fuite du Temps de J.-A. Lissignol, Genève (~ 1810, Inv. E-142) d’après G. Ménageot et une Vue de Genève et du Mont-Blanc depuis Pregny de J.-L. Richter & A.-J. Troll, Genève (~1815, Inv. E-08). |
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