UNE
CONSTANCE DANS L'INDICATION DU TEMPS
Dans
le domaine de la montre mécanique, la précision d'un chronomètre
dépend de nombreux facteurs. Elle ne peut en aucun cas rivaliser
avec le quartz, mais l'intérêt n'est-il pas dans l'innovation
et la poésie mécanique horlogère? Dans la recherche de subtilités
mécaniques, humbles pierres qui viendront s'ajouter au mur de
l'histoire des sciences horlogères?...
"La
chronométrie fut inventée par les horlogers anglais et français
au 18e siècle, lorsque leurs gouvernements respectifs organisèrent
un concours récompensant le premier horloger capable de fabriquer
un garde-temps transportable sur un navire. Doté d'une grande
précision, il était destiné au calcul de la longitude. La conquête
des océans et des nouveaux territoires en était l'enjeu!
Dans cette quête de la précision, un garde-temps portable subit
plusieurs phénomènes naturels susceptibles de dégrader sa marche
initiale.
* Les variations thermiques: le couple balancier/spiral est sensible
aux changements de températures. Ils provoquent de l'avance au
froid et du retard au chaud.
* Les mouvements: surtout ceux du poignet pour les montres-bracelets,
provoquant des accélérations ou des ralentissements brutaux du
balancier.
* La situation géographique: deux facteurs sont perceptibles,
premièrement la latitude, et deuxièmement l'altitude. Dans les
deux cas, la force gravitationnelle change avec les frottements
des pivots du balancier, provoquant du retard lorsque l'on s'éloigne
du centre de la terre ou de l'avance lorsqu'on s'en rapproche.
* La dégradation des huiles: le vieillissement des huiles de l'échappement
provoque un durcissement de celles-ci, ce qui va donner avec le
temps de l'avance à la montre.
Dans ces quatre cas, la précision réelle n'est pas altérée; c'est
seulement l'étalonnage qui a changé!
Dans le cas de figure des chronomètres F.P.Journe, ils sont réglés
dans nos ateliers à Genève avant d'être vendus dans le monde entier.
Suivant la position géographique de l'acheteur, une différence
de plusieurs secondes peut être constatée.
Dans chaque endroit du globe, une différence de marche par rapport
à celle de Genève est normale: l'étalonnage du chronomètre change
mais pas sa précision.
La preuve: lorsqu'un garde-temps prend deux secondes d'avance
par jour et qu'il conserve le même temps d'avance tous les jours,
on peut alors apprécier sa précision extrême.
Autrefois dans la marine, le capitaine prenait en compte la dérive
de son chronomètre et l'intégrait à son calcul pour connaître
la position du navire.
Si son chronomètre avait une dérive d'une seconde d'avance par
jour, il lui suffisait au bout de 30 jours de retrancher 30 secondes
pour connaître l'heure exacte, et ainsi pour chaque jour..."