Le tourbillon
L’historique
:
Au début du XIX siècle, la production des montres de tout style
a connu un essor considérable. La plupart d’entre elles, étaient
essentiellement attractives sur le plan esthétique. De magnifiques
boîtiers émaillés cachaient souvent de piètres mouvements à la
précision tout à fait relative…
A cette époque, les montres étaient portées dans une poche de
gilet et subissaient les variations de position du centre de gravité
de l’ensemble balancier-spiral. En effet, la marche des montres
diffère selon la position verticale dans laquelle elle est observée.
La cause essentielle provient du déséquilibre du système balancier-spiral
et de l’échappement.
Pour annuler ces différences, il faudrait que le centre de gravité
du système balancier-spiral soit au centre de rotation et s’y
maintiennent pendant les oscillations.. On comprend alors la difficulté
du problème…
Dès lors, les grands maîtres horlogers ont cherché des réponses
mécaniques dans la quête de la précision horlogère.
Finalement, vers 1795 Abraham-Louis Breguet eut l’idée de faire
prendre à l’ensemble échappement-balancier, toutes les positions,
en lui imposant une rotation qui généralement est de un tour par
minute. Dans ces conditions, on obtient un brassage des positions
verticales, ce qui en définitive se solde par une marche moyenne.
C’est ainsi qu’est née la cage tourbillon.
Le Principe du tourbillon :
L’invention
consiste à monter l’ensemble de l’échappement sur une plate forme
ou cage mobile qui effectue une révolution sur elle-même en un
temps donné. Les erreurs se reproduisant régulièrement, se compensent
les unes les autres.
Plutôt que de faire tourner la montre, ce qui n’est guère possible,
Breguet à imaginé de faire pivoter le balancier et l’échappement
isolés dans une cage rotative
Ainsi réunis, roue d’ancre, ancre et balancier spiral effectuent
généralement une rotation par minute.
Son ingénieux principe permet de résoudre le délicat problème
du réglage des montres mécaniques de poches, dont l’exactitude
varie en fonction de leurs positions verticales. Les écarts de
marche dus à la gravitation sont ainsi supprimés garantissant
une précision optimale.
La réalisation du tourbillon est l’un des exercices les plus difficile
qui soient en horlogerie mécanique, toutefois, le jeu en vaut
la chandelle car il permet d’obtenir des résultats chronométriques
remarquables.
Réservé au départ à la montre de poche, le tourbillon est apparu
pour la première fois sur une montre bracelet en Suisse en 1947
associé à un calibre Oméga fabriqué pour un concours de précision.
Plus tard, en 1986 Audemars Piguet franchit une nouvelle étape
en fabriquant le premier tourbillon "de série"
sur bracelet. Ce tourbillon, avec un diamètre de cage de
7,2 mm est le plus petit jamais réalisé.
En démontrant il y plus de deux siècles qu’un instrument horaire
portatif pouvait être d’une précision sans faille, le tourbillon
a marqué un jalon dans l’histoire de l’horlogerie.
Dès la fin du XIXème siècle, le tourbillon devint une spécialité
qui contribua au renom de l’horlogerie Suisse. De nombreux horlogers
furent séduits par l’ingéniosité de ce mécanisme hors du commun.
Aujourd’hui, chaque manufacture digne de ce nom possède à son
catalogue un ou plusieurs tourbillons.
La beauté impétueuse du tourbillon :
Le
tourbillon est l’un des exercices les plus difficiles à réaliser
en horlogerie mécanique, toutefois, ce prodige de technique se
démarque également par ses qualités esthétiques.
En effet, le mouvement tourbillon se distingue sur le plan esthétique
par la pureté et la sobriété de ses lignes. L’esthétique de la
cage tourbillon est basée sur une idée simple : les lignes nécessaires.
Elles sont déterminées par la construction mécanique de la cage
tourbillon qui doit être solide, légère et fiable.
Généralement dévoilée grâce à une ouverture sur le cadran, le
tourbillon embellit la montre dans sa globalité. Certaines marques
ont bien compris l’intérêt que suscite le tourbillon et ont décidé
de l’honorer en l’associant à une platine translucide et naturelle
ou encore en supprimant totalement le cadran afin de révéler la
sophistication et la beauté du mécanisme dont toutes les pièces
ont été reprises et décorées à la main.
Mais ce qui subjugue encore davantage, c’est la beauté de ces
tournoiements qui animent la pièce. Le tout pour susciter l’émotion…
En conclusion, nous dirons que le tourbillon bénéficie d’un immense
préjugé favorable lié à la gloire de son inventeur et à la difficulté
de son exécution.
De plus, sa conception et sa mise au point sur des montres de
petits diamètres et de faible épaisseur a obligé les ingénieurs
à aller de l’avant dans le domaine de la microtechnique. Ainsi,
ce système destiné initialement à faire gagner de la précision
, offre aujourd’hui la possibilité à toute l’horlogerie de gagner
quelques microns dans la précision de fabrication.
Pour toutes ces raisons, auxquelles on ajoutera encore les qualités
esthétiques, le tourbillon a conquis ses lettres de noblesse dans
la haute horlogerie.